Kuujjuaq, Nunavik

octobre 2015 

(photo M. Avarello)

Les visages du Nord  Récit de voyage Inukjuak et Puvirnituq
 
Faces of the North : Travel story Inukjuak and Puvirnituq

Exposition photo

École d’architecture de l’Université Laval, Québec

Mars - Septembre 2017

Dans le sauvage infinité du Nunavik, la roche et l'eau sont couvertes d'un tapis de neige et de glace confondant toutes limites. Pour arpenter ces terres, pour se laisser aller à leurs beautés et leurs mystères, il n'y a de routes définies. Ici, dans la toundra profonde, l'Inuk est chez lui. Nous sommes les invités, les visiteurs inconscients qui ont tout à apprendre d'un peuple avec qui ils partagent une histoire, un territoire. Fraternité, générosité, liberté, partage, respect, beauté : sous cette grammaire de la nature, nous découvrons le Nunavik.

 

Du 28 février au 6 mars 2017, le groupe de recherche Habiter le Nord québécois accompagné des étudiants de l’atelier de Construction et design se rendent à Inukjuak et Puvirnituq afin de prendre le pouls de la situation en termes de logements et de construction, d’aspirations et de réalités. L’échange, l’ouverture et la collaboration leur ouvriront les portes d’un territoire, d’un peuple, de sa culture. Cette exposition photojournalistique se compose en trois temps : habiter, vivre et collaborer — et se veut un portrait des multiples visages qu’arbore le Nord québécois.

 

***

 

In the infinite wilderness of Nunavik, the stone and water are covered by a coat of snow and ice confounding all limits. To wander around this land, to engage with its beauty and mystery, there are no definite routes. Here, in the depth of the tundra, the Inuk is at home. We are the guests, the oblivious visitors that have everything to learn about the people with whom a story, a territory is shared. Fraternity, generosity, liberty, sharing, respect, beauty: addressing nature with this vocabulary, we discover Nunavik.

 

From February 28 to March 6, the research group Living in Northern Québec, by students from Construction and design studio, travelled to Inukjuak and Puvirnituq to take stock of the situation in terms of housing and construction, aspirations and realities. Exchange, openness and collaboration will open the doors of a territory, a people, and its culture. This photojournalistic exhibition is divided into three stages : dwelling, living and collaborating - and is a portrait of the many faces of the northern Québec.

Habiter

Le Soleil plombe haut cette journée-là nous faisant presque oublier le froid glacial. Nous avons rejoint Phoebe chez elle, devant le petit jumelé qu’elle partage avec les sept autres membres de sa famille. Près du porche d’entrée, un animal chassé auquel on a déjà retiré la peau détone sur la neige blanche. Pour entrer dans le logement, il faut gravir une volée de marche, car chez elle comme chez la plupart des Inuit, la maison est détachée du sol, déposée sur des vérins à plus ou moins un mètre du sol. On entre par le côté, directement dans la cuisine, par un porche froid où l’on se dévêt de nos grosses bottes. Les espaces pour cuisiner, manger et vivre s’apparentent plus à de longs corridors qu’à de réels espaces de vie et l’encombrement se fait sentir : la table de cuisine croule sous les objets divers, les étagères débordent de couches et de jouets...

Inhabiting

The sun shines high on this day almost making us forget this glacial cold weather. We have met up with Phoebe in front of her home, a small semi-detached house she shares with her seven other family members. Near the front porch, a hunted animal has been skinned and lies on a bed of snow. To enter the home we must ascend a flight of stairs, as for most Inuit homes, the house is detached from the ground, set on cylinders at about one metre from the ground. We enter the home from the side, directly into the kitchen, passing by a cold porch where we remove our heavy boots. The spaces for cooking, eating, and living appear as long corridors rather than living spaces and the congestion can be noticed: the kitchen table is overwhelmed with diverse objects, the shelves are overflowing with diapers and toys…

Habiter

Plus tôt durant la semaine, pendant un regroupement de femmes, nous avons eu la chance de rencontrer Anna. Attachante, débordante d’énergie et impliquée dans sa communauté, non seulement Anna nous a-t-elle reçus chez elle, elle nous a fait faire le tour de son village.

 

Anna loue depuis plus de 30 ans une maison située sur les berges de la rivière, dans le vieux-Inukjuak. Ce modèle d’habitation est celui dont les proportions sont les plus généreuses dans la petite communauté. Anna y réside avec son conjoint et quatre de ses​ petits enfants. Les murs de la maison arborent fièrement de multiples photos de famille et l’on comprend qu’autrefois y vivait une famille nombreuse. Dans la cuisine, une boîte en carton contenant du phoque est déposée sur le sol ; cela explique l’odeur de poisson qui flotte dans l'air. Je ne peux m'empêcher de remarquer les morceaux de caribous qui sèchent sur la tringle à rideaux. Anna s’assoit à la table, son regard se laisse aller à l’horizon à travers la grande fenêtre.

Inhabiting

 

Earlier this week, during a meeting with a group of women, we had the chance to meet Anna. Endearing, energetic and implicated in her community, not only did Anna welcome us in her home, she gave us a tour of her village.​

 

Anna has been renting her house located on the riverbanks in old-Inukjuak for about 30 years. This dwelling model is of proportional dominance in this small community. Anna lives here with her partner and four of her grandchildren. The house walls are proudly decorated with family photos and show the even larger family that once lived here. In the kitchen, a cardboard box containing seal meat is set on the ground; this explains the fish odour floating in the air. I can’t help but notice the pieces of caribou drying on the curtain rod. Anna sits at the table as her gaze is gently guided to the horizon through the large window

Collaborer

L’accueil de la communauté a été chaleureux. Le mélange de curiosité, du désir de partage, de communication ont largement encouragé les échanges et multiplié les occasions de rencontre durant notre séjour.

Collaborating

 

The reception of the community was warm and welcoming. The mix of curiosity, communication, and the desire to share largely encouraged exchanges and multiplied meeting occasions during our stay.

Vivre

 

Nous avons découvert un lieu où il n’y a pas d’interférence entre la terre et l’homme ; là-bas, le territoire semble crier : « Nous ne sommes qu’un ! » Nous essayons de comprendre les gens qui l’habitent, son peuple et sa façon d’appréhender le monde, sa langue magnifiquement imagée, ses coutumes. Nous tentons de nous imprégner de ces informations, de ce regard sur le monde qui pourrait changer le nôtre. Le va et viens constant des camions-citernes, le vrombissement des ski doos, le hurlement des chiens, le vent qui siffle et soulève la neige, les rencontres fortuites à la Coop, les enfants qui roulent et s’amusent dans la neige, les rires au loin... Tout cela, sous un décor plus que majestueux, constitue le ballet quotidien de la vie à Inukjuak.

Living

 

We have discovered a place where there is no interference between earth and man; here, the land seems to cry out: “We are but one!” We try to understand the individuals that inhabit this land, their people, and the ways to apprehend the world, the fascinating imagery of their vocabulary, their customs. We attempt to grasp this information, this way of seeing the world which can change ours. The constant come and go of tanker trucks, the roar of the skidoos, the howling of the dogs, the wind whistling and brushing off the snow, the unexpected meetings at the Coop, the children rolling and playing in the snow, the laughter in the distance… All of this, under a majestic decor, constitutes the daily choreography of life in Inukjuak

C’est le calme plat, même le vent semble être tombé. Un ski-doo passe en trombe devant moi, troublant momentanément le calme et le silence m’entourant. Dans le noir profond de la nuit, le ciel s’est lentement illuminé. Les lambeaux de vert et de violet se sont intensifiés, ils dansaient en tournant sur eux-mêmes, s’étirant, changeant d’apparence à travers le firmament devenu spectacle.

Audrey Morency — Inukjuak 2017

It's the flat calmness, even the wind seems to have fallen. A skidoo storms past me, disturbing momentarily the calmness and silence surrounding me. In the depth of the dark night, the sky slowly illuminates. Hints of green and purple are intensified, dancing and twirling, stretching, changing appearances through the show in the sky.

 

Audrey Morency — Inukjuak 2017

Le Soleil se couche à Puvirnituq. La température est glaciale, la neige crisse sous nos pas alors que nous

marchons sur une voie située non loin de la berge. Entre deux maisons, la baie d’Hudson se dévoile dans toute sa splendeur. Rassurées par ce décor orangé, les silhouettes de bateaux semblent figées dans les glaces, n’attendant que l’été pour reprendre leurs mouvements.

Janick Biron — Puvirnituq 2017

The sun sets in Puvirnituq. The temperature is glacial, the snow crunches under our footsteps as we walk on a path not far from the banks. Between two houses, the Hudson Bay reveals all of its splendour. Reassured by the orange decor, the silhouettes of boats seem rigidified in the ice, waiting for summer to get moving again.

 

Janick Biron — Inukjuak 2017

L’hiver, le territoire entier est recouvert d’un tapis de

neige, les limites sont confondues et même les rues

disparaissent. Constamment balayé par les vents, le

couvert de neige est étonnamment rigide : on y marche sans même s’y enfoncer. De nouveaux chemins apparaissent ; l’ensemble du territoire devient la route dans cette urbanité nouvelle.

Audrey Morency — Inukjuak 2017

During winter, the entire territory is covered by a coat of snow, limits are confounded and even the streets disappear. Constantly swept by the wind, the snow cover is surprisingly rigid: we walk on it without even sinking in. New paths appear; the entire territory becomes a road in this new urbanity.

Audrey Morency — Inukjuak 2017

Illuqarviviniq est le nom que porte la terre située de

l’autre côté de la rivière, le nom d’une terre où les Inuit habitaient autrefois, avant leur sédentarisation, avant l’arrivée des camions-citernes. Vue de l’autre côté du rivage, la ville prend une échelle différente à travers cette étendue de roc texturée de neige. Le Soleil se couche derrière le village, il faudra bientôt revenir.

Julie Bradette — Inukjuak 2017

Illuqarviviniq is the name of the land located on the other side of the river, the name of land where the Inuit once lived, before becoming sedentary, before the arrival of tanker trucks. Seen from the other side of the shoreline, the city appears at a different scale with this span of snow textured rock. The sun sets behind the village, we should soon be back.

 

Julie Bradette — Inukjuak 2017

Subvention de partenariat - CRSH 2015-2020

Conseil de recherche en sciences humaines du Canada

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