Ressourcer Ninan Nitassinan [notre territoire] : Le développement d’un réseau éco-récréotouristique 

Resourcing Ninan Nitassinan [our territory]  : The development of an eco-recreational tourism network

PAR / BY  ANTONIN BOULANGER CARTIER

TYPE : PROJET DE FIN D'ÉTUDES EN ARCHITECTURE / FINAL THESIS PROJECT IN ARCHITECTURE

SUPERVISEUR / SUPERVISOR : MYRIAM BLAIS (DIR.), UNIVERSITÉ LAVAL

DURÉE / DURATION : AUTOMNE 2018 / FALL 2018

Comment le projet architectural peut-il servir d’intervention fondatrice pour rééquilibrer les relations écosystémiques entre le milieu naturel, social et construit des communautés innues, bien que plus particulièrement celle de Uashat mak Mani-Utenam, comme précepte de leur développement local soutenable (Magnaghi, 2003) ?

 

Étant de très jeunes sédentaires, la relation qu’entretiennent les Innus avec le Nitassinan, leur territoire traditionnel, est nécessairement teintée d’une ontologie qui leur est singulière. Bien que celle-ci n’a cessé d’évoluer au cours des dernières décennies, notamment en raison de leur confrontation au paradigme occidental moderne qui, dans cette course effrénée d’un développement, considère plutôt le territoire tel un espace à exploiter au regard de ses ressources naturelles, le Nitassinandemeure encore aujourd’hui matrice de leur culture et identité distincte (Vaillancourt, 2017). 

 

Ainsi, à l’image d’un rapport ancestral plausiblement non révolu, mais à tout de moins actualisé par cette prise en considération du discours contemporain innu qui témoigne aujourd’hui d’une conception territoriale plurielle – politique, écologique, économique, sociale, culturelle et symbolique –, le projet architectural s’articule autour de l’établissement d’une filière éco-récréotourisque autochtone, une alternative que de nombreuses communautés considèrent à ce jour comme étant fidèle à leurs préoccupations, valeurs et aspirations d’un développement communal (Martin et Girard, 2009). 

 

Plus concrètement, le réseau éco-récréotouristique proposé prend racine le long de deux importantes voies d’accès des Innus au territoire du Nitassinan: l’une appartenant à l’époque traditionnelle, soit le sentier de portage qui borde la rivière Moisie,que les Innus empruntaient pour remonter sur le territoire l’hiver venu et y redescendre au printemps ; et l’autre appartenant à la modernité, vestige de la faillite d’une compagnie minière, soit la ligne de chemin de fer de la compagnie ferroviaire Tshiuetin  qui relie Sept-Îles à Schefferville. Venant par le fait même promouvoir et encadrer la pratique soutenable d’activités traditionnelles, notamment la chasse et la pêche, le projet joue un rôle pivot à la jonction entre la tradition et la modernité pour célébrer ce rapport à l’habiter de l’Innu contemporain, « empreint d’un nomadisme réinventé ou du moins adapté » (Vaillancourt, 2017) par ces allées et venues entre l’Innu Assi, vu tel l’espace de la réserve, et le Nutshimit, l’intérieur des terres ; là où la culture innue prend alors tout son sens.

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How can the architectural project serve as a founding intervention to rebalance ecosystem relationships between the natural, social and built Innu communities, although more particularly that of Uashat mak Mani-Utenam, as a precept of their sustainable local development (Magnaghi, 2003) ?

Being very young and sedentary, the relationship between the Innu and Nitassinan, their traditional territory, is necessarily tinged with an ontology that is unique to them. Although this has not ceased to evolve in recent decades, particularly because of their confrontation with the modern Western paradigm which, in this frantic race for development, considers the territory more like a space to be exploited in terms of its natural resources, Nitassinan remains today still the matrix of their culture and distinct identity (Vaillancourt, 2017). 

 

Thus, in the image of an ancestral relationship that is plausibly not overdue, but at least updated by this consideration of contemporary Innu discourse, which today reflects a plural territorial conception - political, ecological, economic, social, cultural and symbolic -, the architectural project revolves around the establishment of an indigenous eco-recreational tourism sector, an alternative that many communities consider to date to be faithful to their concerns, values and aspirations for municipal development (Martin et Girard, 2009). 

 

More concretely, the proposed eco-recreational tourism network takes root along two major Innu access roads to the Nitassinan territory: one belonging to the traditional era, the portage trail along the Moisie River, which the Innu used to travel up the territory in the winter and down in the spring; and the other belonging to modernity, a vestige of the bankruptcy of a mining company, the Tshiuetin railway line linking Sept-Îles to Schefferville. By promoting and supervising the sustainable practice of traditional activities, particularly hunting and fishing, the project plays a pivotal role at the junction between tradition and modernity to celebrate this relationship with the contemporary Innu, "imbued with a reinvented or at least adapted nomadism" (Vaillancourt, 2017) by these comings and goings between the Innu Assi, seen as the reserve space, and the Nutshimit, the inland; where Innu culture then takes on its full meaning.

Subvention de partenariat - CRSH 2015-2020

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