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Ensemble pour réfléchir à l'habitat autochtone : trois jours d'échanges à Uashat mak Mani-utenam

06.30.2017

Le partenariat de recherche Habiter le Nord québécois a tenu sa troisième assemblée générale dans la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam, accueillant co-chercheurs, partenaires, collaborateurs, étudiants et invités du 30 mai au 1 juin 2017. Le site de Shipit, un lieu traditionnel innu près de l’embouchure de la rivière Moisie, a été l’hôte de la majorité des activités. Celles-ci ont mis en valeur la richesse de la collaboration des quelque soixante participants de tous horizons, s’étant déplacés des villages du Nunavik, des communautés innues de la Côte-Nord et du Lac-St-Jean, de Sept-Îles, de Québec, de Montréal, de Sudbury, et de Strasbourg.

Outre l’Assemblée générale elle-même, les participants ont pris part à plusieurs activités étalées sur trois jours, suscitant collaboration, émoi et réflexions : un atelier de co-design, une exposition publique aux Galeries Montagnaises, un concours de sculpture en plein-air, diverses activités culturelles innues, et un colloque sur la construction dans les communautés nordiques.

Voici donc quelques faits saillants :

 

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Le mardi 30 mai, les participants ont été accueillis à la salle Teueikan pour participer à un atelier de co-design, intitulé Visions partagées pour un équipement culturellement significatif, et portant sur la Maison de la famille Uikanishitshuap de Mani-utenam. Après des mots de bienvenue de Carmen Rock (ITUM), de Marika Vachon (Trinord), et de Geneviève Vachon (directrice du partenariat), trois présentations introductives ont exposé des pistes de réflexion sur le rôle de tels équipements dans les communautés innues et inuit. Marie-Andrée McKenzie, Louise Rock et Nathalie Ouellet, intervenantes à Uikanishitshuap, ont présenté la situation et les besoins ; Sandrine Tremblay-Lemieux, finissante à la maîtrise en architecture à l’Université Laval, a présenté son projet de fin d’études Aqsarniit : safe house pour jeunes Inuit du Nunavik ; et Maggie Emudluk et Alice Unatweenuk, de Qarmaapik House à Kangiqsualujjuaq, ont présenté cet organisme qui promeut la transmission des valeurs inuit et le support des jeunes dans les familles de la communauté. Qarmaapik House s’est d’ailleurs mérité le prestigieux prix Arctic Inspiration décerné par ArcticNet en 2016. Un service de traduction simultanée en inuktitut, en français et en anglais a permis à tous d’échanger avec enthousiasme.

À la suite des présentations, les participants se sont dirigés à pied vers la Maison de la famille pour une visite guidée, pour mieux saisir son contexte, son rôle et son état actuel. Tous ont ensuite été transportés à Shipit pour un repas d’outarde et de caribou sous le shaputuan.

 

De retour à la salle Teueikan, quatre équipes multidisciplinaires et multiculturelles avaient comme défi de réfléchir aux qualités essentielles d’une Maison de la famille, ainsi qu’à un programme sommaire – en échangeant souvent dans plusieurs langues – pour un potentiel agrandissement. Un autre défi consistait à mettre les nombreuses idées en forme à l’aide de plans et d’autre matériel. Les avantages d’une collaboration entre les membres des communautés inuit et innue, les professionnels, et les étudiants ont été soulignés par tous : un tel mélange des idées et expertises a permis d’imaginer plusieurs pistes intéressantes.

Pour le compte-rendu de l’atelier de co-design, incluant les présentations et les résultats, cliquez ici.

 

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Le mercredi 31 mai s’est tenue l’Assemblée générale à Shipit, sous un shaputuan, où ont été présentés le rapport annuel 2016-2017 (année 2 du projet de 5 ans), le budget et les états financiers. Parmi les discussions ressortent le bilan positif du rayonnement des connaissances, soit 95 publications sous différentes formes et pour différents publics, dont des articles scientifiques, des conférences, des recueils, des mémoires et des essais, et des expositions ; s'ajoutent à ce bilan 33 projets de recherche et de mobilisation, dont des ateliers de design, des activités de diffusion auprès et avec les communautés autochtones, et de multiples projets d’étudiants. Trois nouvelles co-chercheures se joignent à l’équipe – Émilie Pinard, Caroline Hervé, et Geneviève Cloutier – de même que trois nouveaux collaborateurs – Bernard Duchaine, Bettina Koschade, et Marika Vachon – et trois nouveaux partenaires – Katsuaq, la communauté d’Inukjuak, et le Conseil de bande Matimekush. Ce fut aussi l’occasion de nommer les nouveaux membres du Comité scientifique et du Comité de direction. Pour cette troisième année, un accent important sera porté sur la mobilisation des connaissances et les opportunités de travail « horizontal » – interdisciplinaire, interculturel, intersectoriel – entre les partenaires, afin d’offrir une plus grande visibilité aux collaborations et de favoriser le partage d’expertises et de connaissances.

 

Pour les membres du partenariat, le compte-rendu complet est disponible dans la Zone partenaire.

Pendant ce temps, sur la plage de Uashat,18 étudiants de l’école secondaire Manikanetish ont bravé la pluie et le froid pour participer au concours Ça nous ressemble : raconte, construis ou habite, un concours amical d’installations artistiques éphémères ayant pour but de faire réfléchir les jeunes aux rapports qu’ils entretiennent avec leur territoire. Cinq équipes, accompagnées d’étudiants-mentors de l’École d’architecture de l’Université Laval, ont donc imaginé des sculptures originales et respectueuses de l’environnement, qu’elles ont réalisées à l’aide de bois, de perches, de corde, et de sapinage. L’esprit créatif des jeunes a suscité maintes discussions auprès des membres du jury, impressionnés par la façon poétique avec laquelle les installations rappelaient l’abri traditionnel innu.

 

Pour un compte-rendu de Ça nous ressemble, incluant les photos de toutes les installations, cliquez ici.

Cette deuxième journée a aussi été animée de plusieurs activités culturelles. Après l’Assemblée, les participants se sont réunis à nouveau sous le shaputuan pour une présentation émouvante de Véronique André, portant entre autres sur l’histoire de l’occupation de la rivière Moisie et la médecine traditionnelle. Un repas mémorable de saumon, concocté par Albert Vollant et sa famille, a été servi dans une ambiance festive, avec une prestation musicale de Bryan André, puis une danse traditionnelle, pour remercier l’hôte de l’événement.

 

Plus tard en soirée, quelques participants ont eu la chance de faire l’expérience d’une tente de sudation. Les plus téméraires ont terminé leur journée en campant dans un tipi, dans le confort du sapinage.